Palefroi – duo graphiste

Palefroi – duo graphiste

Découvert lors d’une exposition à la galerie Urban Spree – espace incontournable en matière de street art à Berlin – le travail du duo français Palefroi a particulièrement retenu notre attention.
Etalage, titre de leur exposition, explore le mélange et regroupe aussi bien dessins, vidéos que des œuvres en volume faites à partir de papier mâché. Nourris de multiples influences (peinture, graffiti, cartoons, bandes dessinées, graphisme), Marion Jdanoff et Damien Tran réalisent ensemble des œuvres dans lesquelles l’impression de spontanéité domine. Leurs toiles composées de dessins dynamiques et faussement imparfaits, de graffitis, de collages, de bandes et lignes de couleurs appartiennent à un univers indécis entre figuration et abstraction. Chacune d’elles semble vouloir nous mener dans une sorte de jardin encore sauvage.

Échange avec Damien Tran à l’occasion de l’exposition Étalage à la Galerie Urban Spree.

Quel est votre parcours et comment êtes-vous venus à la création ?
Nous sommes tous les deux autodidactes. Nos parcours sont un peu différents mais se sont croisés par le biais de notre implication dans le milieu musical indépendant.
La sérigraphie a été une manière d’imprimer par nous-même des affiches, pochettes de disques (…) pour nos groupes, labels et/ou organisations de concerts.
Par la suite, nous nous sommes concentrés sur nos travaux individuels et collaboratifs en conservant le même medium sous la forme de livres, fanzines et éditions.
A présent, nous essayons de nous ouvrir à de nouvelles techniques :  peinture et films d’animation par exemple.

Vous avez créé le duo Palefroi en 2012. Comment se fait le glissement d’un travail à l’autre ?
Nos pratiques individuelles sont très différentes l’une de l’autre. Marion a un dessin figuratif et travaille autour de la narration. Pour ma part, je m’intéresse à la forme et à l’abstraction. Nos pratiques se retrouvent dans une approche assez spontanée du dessin. Nos collaborations nourrissent nos travaux personnels et vice-versa. Nous alternons ces moments assez régulièrement selon les projets et les envies. Ce fonctionnement nous plaît beaucoup car il nous permet d’essayer à chaque fois de nouvelles manières de collaborer.

Comment définiriez-votre style ?
On ne se pose pas trop la question de notre style mais je pense qu’il peut s’associer à une tendance actuelle de dessin dit naïf. En tout cas, nous espérons surtout que notre travail est communicatif et qu’il donne envie à d’autres personnes de dessiner.

Quelles sont vos influences et inspirations artistiques ?
Nos inspirations sont très variées et différentes, elles ne sont pas les mêmes pour moi et pour Marion.
A une époque nous essayions de les résumer à “l’art préhistorique et aux flyers punk photocopiés”.
Ce n’est pas forcement très juste en tant qu’influence. Mais, dans les deux cas, il y a ces idées de spontanéité, de désintéressement et d’art “en marge”. Ces notions nous touchent et nous questionnent. Concernant notre démarche, nous citons toujours volontiers Re-Surgo (anciennement Bongout) et Sonnenzimmer comme influences principales.
Il s’agit de deux duos actifs, entre autres, dans le domaine de la sérigraphie et de l’auto-édition depuis 15-20 ans.
Comme d’autres collectifs avant eux, ils ont permis l’ouverture de beaucoup de portes pour des gens de notre génération. On aime bien l’idée d’essayer de s’inscrire dans ce même courant.

Comment procédez-vous pour la création d’une œuvre ?
On a tendance à se lasser assez vite dès qu’on trouve une “technique” qui marche.
Donc il n’y a pas de règle générale. L’idée est d’essayer de nouvelles choses et d’en louper un certain nombre. Avec un peu de chance, on finit par faire des dessins qui nous satisfont tous les deux.

Que pensez-vous de la scène street art à Berlin ?
Je crois qu’on ne connaît pas grand-chose dans le domaine du street art.
Par contre, on se sent connectés à une scène autour de la micro-édition, sérigraphie, risographie, etc … une scène qui est très vivante à Berlin. Il y a beaucoup d’ateliers, de collectifs, de structures dans ce domaine ( Czentrifuga, We Make it, PogoBooks, Sergej Vutuc … ). Beaucoup de lieux présentent aussi ce genre de productions, comme par exemple Staalplaat, Neurotitan, Urban Spree, Supalife, Miss Read …
C’est cette énergie qui m’a attiré à Berlin en premier lieu et je trouve qu’elle continue d’exister.

Pour découvrir la culture urbaine, explorer la ville autrement, nous proposons des visites guidées à Berlin en français sur des thèmes comme le street art à Berlin, les galeries d’art contemporain, l’architecture, les créateurs de mode.

Crédit Photos : Lara Beins

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