L’Unité d’Habitation Le Corbusier

L’Unité d’Habitation Le Corbusier

Berlin Insolite 

L’Unité d’habitation Le Corbusier peut être vue comme une demi-sœur de la célèbre Cité Radieuse conçue par  l’architecte afin de pallier le manque de logements sociaux en France et inaugurée en juillet 1952 à Marseille. Pensée comme une ville horizontale, la Cité Radieuse réunit dans un seul bâtiment tous les équipements nécessaires à la vie en collectivité : commerces, bureaux et un hôtel se situent au troisième et quatrième étages. Le toit-terrasse est, quant à lui, équipé d’une piscine pour petits, d’un gymnase à ciel ouvert (reconverti en centre d’art – le MAMO – depuis 2013). Plus tard, trois autres unités d’habitations verront le jour en France ( Rezé 1955, Briey 1961, Firminy-Vert 1965) une seule sera réalisée hors de France, à Berlin.

L’Unité d’habitation pensée par  Le Corbusier à Berlin 

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la capitale allemande doit remédier au manque de logements. En conséquence, chacune des deux parties de la ville se lance assez rapidement dans de vastes programmes d’habitats sociaux.
A Berlin-Est, c’est la Stalinallee (aujourd’hui Karl Marx Allee), réalisée dans le plus pur style soviétique, qui verra le jour, alors qu’à Berlin-Ouest aura lieu en 1957 l’exposition internationale d’architecture nommée Interbau.
A cette occasion, plusieurs architectes de renom (dont Oscar Niemeyer, Alvar Aalto et Max Taut) sont invités à repenser la ville et à construire de nouvelles formes d’habitations.
Reprenant le modèle des unités d’habitations déjà réalisées à Marseille et Rezé, l’Unité d’Habitation de Berlin de taille trop imposante pour voir le jour dans le quartier du Hansaviertel sera construite plus à l’ouest, à deux pas du Stade Olympique. Toutefois, les plans dessinés par Le Corbusier ne seront que très partiellement respectés, les maîtres d’ouvrages allemands ayant pris la liberté d’y apporter des modifications.
Ainsi, des 530 logements grand format, de l’espace commercial prévu de façon totalement atypique au 7e étage, du parking souterrain et des aménagements prévus sur le toit, il ne restera quasiment rien.
Malgré une lutte acharnée, Le Corbusier n’obtiendra pas gain de cause et l’unité sera constituée majoritairement de petits appartements pour célibataires, l’espace commercial du 7e étage relégué aux oubliettes, le parking ne sera pas souterrain et aucun des aménagements sur le toit ne verra le jour – et, pour couronner le tout, le béton brut sera recouvert de peinture !
Le Corbusier renie le bâtiment qui, cependant, lui est aujourd’hui encore attribué. Les amateurs d’architecture brutaliste – ou d’architecture tout court – ne peuvent passer à côté d’une visite de ce monument classé historique depuis 1993.

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